Le projet GNL

La propulsion GNL

La propulsion GNL est la réponse au double défi de la transition énergétique du transport maritime et du projet de classement de la Méditerranée en zone SECA (« sulphur emission control area »)

Le pack GNL, comment ça marche ?

Avitaillé par barge ou camion via les Bunker Station, le GNL est chargé via un réseau cryogénique isolé (tuyaux double enveloppe), et stocké dans les cuves GNL sous forme liquide à la température de chargement.

Alimentés en combustible sous forme gazeuse, les consommateurs de notre futur navire SONT :
  • Les moteurs de propulsion
  • Les groupes électrogènes produisant l’électricité du navire
  • Une chaudière Dual Fuel fonctionnant à quai, couvrant les besoins de l’eau chaude sanitaire, l’air conditionné et les besoins techniques.

Un navire aux nombreux atouts

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Une réduction drastique des émissions atmosphériques
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Des chaudières et des groupes électrogènes fonctionnant au GNL pour quasiment aucun rejet d’oxyde de soufre, ni de particules fines
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Elimination complète du fuel lourd à bord
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Un navire plus propre grâce à une maintenance réduite :
. Eliminations des installations de traitement des fuels lourds
. Réduction de 50% du volume des résidus à débarquer
. Réduction de la consommation d’huile
. Une salle des machines plus propre
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Des équipements conçus pour fonctionner au Bio GNL dans l’avenir
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Une carène au design optimisé pour améliorer la performance énergétique du navire
Le navire en bref

Un choix technologique et environnemental ambitieux, construit par un chantier naval européen

En septembre 2019, la pose de la quille donnait le top départ officiel de la construction du navire au chantier naval Visentini, en Italie. Le chantier naval Visentini, c’est une entreprise familiale, également armateur. C’est aussi une solide expérience de construction de ROPAX (navires dits mixtes car assurant à la fois le transport de marchandises et de passagers), des navires construits en série, des solutions simples et pragmatiques, et déjà 2 ROPAX GNL livrés en 2018 et 2019 à d’autres compagnies.

Outre le GNL, le navire présente d’autres caractéristiques qui renforcent son efficience énergétique. Quelques exemples : une carène au design optimisé pour des émissions réduites et une performance énergétique accrue, des chaudières et des groupes électrogènes fonctionnant au GNL pour quasiment aucun rejet d’oxyde de soufre, ni de particules fines, etc.

Une telle performance environnementale globale relève d’un travail d’équipe, avec des équipementiers de premier plan, parmi les leaders du marche mondial maritime, en lien avec nos filières d’approvisionnement et de maintenance.

Septembre 2019 : top départ officiel de la construction avec la pose de la quille

A Galeotta, un nom en référence au navire amiral de la flotte de Pascal Paoli

Historiquement, il s’agit d’un chébec – terme qui désigne un ancien petit trois-mâts de la Méditerranée, connu pour sa rapidité et sa maniabilité.

Le choix de A Galeotta pour notre navire propulsé au Gaz Naturel Liquéfié fait écho à la tradition commerciale maritime de la Corse, souvent méconnue.

 

Emblème du patrimoine culturel maritime insulaire, A Galeotta allie tradition et modernité, comme symbole de notre confiance dans le développement de la filière maritime insulaire.

Premier navire GNL à desservir la Corse, il reflète notre engagement environnemental et sociétal, véritable colonne vertébrale de CORSICA linea, depuis sa création voilà près de 6 ans.

Une formidable aventure technique et humaine, menée tambour battant avec des essais en mer en octobre 2022 et une livraison en décembre 2022.

Le 19 septembre 2021, une étape cruciale a été franchie avec succès, avec la mise à l’eau du navire, par nos équipes et celles du chantier naval de Visentini.

Le navire a quitté le chantier naval de Visentini et continue ses essais en mer au terminal de Trieste. Les travaux de finition se poursuivent pour une livraison attendue en décembre 2022.

Accueillir un navire GNL au sein de sa flotte, c’est aussi relever le défi de la formation à la navigation GNL, pour nos équipes techniques et nos marins.

Les chiffres-clés

920
Capacité d’accueil passagers
206
Longueur totale en mètres
22
Vitesse de service en nœuds
7000
Chargement maximal TPL
220
Nombre de cabines passager
150
Nombre de places véhicules
La mise à l’eau ? Un moment riche en émotions pour nos équipes sur place, qui ont pu apprécier avec gourmandise chaque détail d’une coque qu’ils ont découverte sous de nouveaux angles !
Philippe SILLAN
New Build Project Manager, CORSICA linea
Un financement vert

Le financement du navire GNL de CORSICA linea intègre la politique de Finance Verte du Groupe Crédit Agricole.

Des standards de performance environnementale qui vont bien au-delà des futures réglementations

Dans le cadre de ce financement, la politique de développement durable de CORSICA linea a également fait l’objet d’un audit externe, piloté par Vigeo Eiris, agence de notation sociale et environnementale de renommée internationale.

Couvrant à la fois les actions de transition énergétique et celles liées à l’engagement sociétal de la compagnie, cet audit est venu attester de manière complémentaire de la validité, de la solidité et de la cohérence de la feuille de route globale de CORSICA linea.

Sa performance environnementale est d’un standard plus élevé que la réglementation actuelle, mais aussi, et surtout, que celle à venir en matière d’émissions atmosphériques du transport maritime.

L’arrivée d’un navire GNL, c’est aussi l’intégration d’une véritable « culture Gaz » parmi nos équipes techniques et navigantes.
Nouvelles procédures, gestion et anticipation des risques, conduite des installations et du pack GNL, implication de l’équipage, etc. sont autant de sujets que doivent maîtriser nos marins, mais également tous les acteurs concernés – ports, terminaux, agences, prestataires techniques susceptibles d’intervenir à bord du navire, etc.
Philippe SILLAN
New Build Project Manager, CORSICA linea
Les dates-clés du projet

Suivez l’avancée du projet

De la signature du contrat avec le chantier naval Visentini, le 25 juillet 2019, au premier appareillage à destination de la Corse, suivez pas à pas l’avancée de ce projet-clé pour la transition environnementale de CORSICA linea.

Lexique

Gaz Naturel Liquéfié (GNL)

Gaz naturel transformé sous forme liquide. Cet état est atteint lorsque le gaz est refroidi à une température d’environ -161°C à pression atmosphérique. Après traitement, la liquéfaction permet de condenser le gaz naturel en GNL en réduisant son volume d’un facteur de près de 600 pour un même pouvoir calorifique, ce qui facilite son transport par voie maritime. Le GNL est essentiellement constitué de méthane (à plus de 90%). C’est un liquide inodore, sans couleur, non corrosif et non toxique.

Aujourd’hui, en dépit de son origine fossile, le GNL constitue l’un des carburants alternatifs clé en matière de décarbonation du transport maritime.

BioGNL

Le BioGNL correspond à du biométhane liquéfié. Il résulte d’abord de la méthanisation de déchets organiques puis de la condensation sous forme liquide du méthane.
La différence avec le GNL classique est la provenance du méthane – cette provenance est issue d’une source durable et sans carbone, dans le cas du BioGNL.

Code IGF

L’utilisation du GNL et d’autres carburants à faible point d’éclair comme combustibles pour le transport maritime a augmenté ces dernières années, pour réduire toujours mieux les émissions atmosphériques des navires.

L’utilisation de plus en plus fréquente de tels combustibles suscite un certain nombre de défis en matière de sécurité. Afin de les gérer au mieux, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a adopté le Code IGF (Recueil International des règles de sécurité applicables aux navires qui utilisent des gaz ou d’autres combustibles à faible point éclair) en 2015.

Le code IGF prévoit des dispositions obligatoires relatives à l’agencement, à l’installation, au contrôle et à la surveillance des machines et des systèmes qui utilisent des combustibles à faible point éclair, afin de réduire le plus possible les risques auxquels sont exposés le navire, son équipage et l’environnement. L’OMI y a également ajouté les aspects relatifs à la Convention STCW (Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer), afin d’intégrer les exigences de formation et de qualification des marins embarqués sur les navires soumis au code IGF.

La formation IGF de base

Tenant compte des dispositions figurant dans la convention STCW, elle est destinée à une partie des marins naviguant à bord d’un navire GNL, afin d’acquérir les aptitudes qui correspondent à la capacité à exercer et aux tâches et responsabilités à assumer.

Cette certification est dédiée à l’acquisition des notions théoriques de base concernant la sécurité, les procédures de manipulation des produits et la description des navires. Elle couvre notamment la prévention des risques, les mesures en matière de santé et de sécurité au travail, la conception et caractéristiques d’exploitation des navires utilisant du gaz naturel liquéfié comme combustible, etc.

La formation IGF avancée

Elle concerne généralement les officiers et les membres du personnel directement responsables des précautions à prendre à l’égard des combustibles et des circuits de combustible à bord des navires soumis au recueil.
Elle nécessite, notamment, de participer à 3 avitaillements GNL et d’effectuer un mois d’embarquement sur un navire GNL soumis au code IGF pour obtenir la certification complète.

Convention SOLAS et « Safe return to port »

La Convention « safety of life at sea » (« sauvegarde de la vie humaine en mer ») abrégée en SOLAS est une convention internationale qui fait référence, par son sigle anglais, au traité international adopté en 1974 visant à définir diverses normes relatives à la sécurité, la sûreté et l’exploitation des navires.

Cette convention s’applique en grande partie aux navires de passagers mais aussi aux cargos de jauge brute supérieure ou égale à 500 UMS qui effectuent des voyages en eaux internationales 1. La SOLAS est le traité le plus important concernant la sécurité et la sûreté des navires marchands.
La convention « Solas 2010 » a créé un chapitre supplémentaire nommé Safe Return to Port ou « Retour au port en toute sécurité ».

Cette règle ne s’applique qu’aux navires construits après 2010 et mesurant plus de 120 mètres. Le but est qu’à la suite d’une avarie standard (voie d’eau ou incendie), le navire puisse rejoindre un port par ses propres moyens.

Avitaillement en « ship to ship » ou en « truck to ship »

Avitaillement du navire en GNL par barge, dans le premier cas, par camion, dans le second cas